Intelligence collective·Posture·Violence

Apprendre à connaître la violence

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Pourquoi formons-nous à la connaissance de sa propre violence pour travailler avec la violence des autres ? Pourquoi ne suffit-il pas d’empêcher la violence en l’interdisant ?

Selon nous, la violence est un symptôme. En effet, les violences sont des signaux, des manifestations qui expriment des malaises provenant de dynamiques plus générales.

Ce que je cherche par mon travail avec les groupes est d’apprendre à agir face à la violence, en aidant les personnes à sortir de l’impuissance, plutôt que de rester dans la peur et la victimisation. Et pour cela, il s’agit de comprendre ce qui se passe. Derrière la violence, il y a des pistes de compréhensions. Dans notre travail, y compris la violence a donc un « droit » à la parole. Non pas de manière complaisante mais en faisant un travail d’écoute de la violence et des besoins qu’elle exprime.

Dans un groupe, lorsqu’une personne qui se montre assume ses « dysfonctionnements », elle permet de comprendre les raisons de la situation relationnelle qu’elle vit, au sein de ce groupe, avec ses collègues, ses supérieurs, ses clients… Cela peut également permettre de comprendre des difficultés d’adaptation personnelles ou collectives, des lacunes du système. Par le fait de vivre en direct ces réalités, de les partager et de les comprendre ensemble, et même si cela peut passer par une phase empreinte d’une certaine violence, l’accompagnement en Thérapie sociale permet d’entendre et de comprendre ce qui souffre et qui s’exprime dans les violences et les non-dits quotidiens. Peut alors commencer la confrontation saine avec les autres qui eux aussi vont pouvoir s’exprimer sans montrer uniquement une bonne image d’eux.

Si l’on ne fait ce travail de connaissance de soi en relation avec les autres, y compris dans les zones d’ombres, le risque est grand que l’on soit tentéd’empêcher la violence de s’exprimer et par là les informations précieuses qu’elle contient. C’est la connaissance de sa propre violence qui permet de ne pas être manipulé par ses tentations souvent inconscientes de juger l’autre, de le faire taire, de le mépriser, de l’exclure… Si on empêche la violence, on empêche ces informations. Or, c’est ainsi que nous pouvons comprendre les obstacles de la vie relationnelle et professionnelle en profondeur. Interdire l’expression du symptôme occulte fatalement une part de la complexité de la situation.

Pour trouver des solutions adaptées, il nous faut d’abord accepter d’entendre, de voir, de ressentir et d’offrir un cadre dans lequel les personnes concernées peuvent se réapproprier ensemble la définition d’une réalité commune qui sert à comprendre sa complexité. Se montrant les uns aux autres, les personnes peuvent faire la part des choses entre leur responsabilités, leurs exagérations, leurs interprétations, leurs visions déformées de la réalité basées sur leurs blessures, leurs filtres émotionnels et parfois idéologiques. Seulement à ce moment-là, ils pourront trouver des réponses adaptées ensemble.

Seul un travail menant à une plus grande connaissance de sa propre violence permettra de résoudre les problèmes de façon durable et satisfaisante pour tous.

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